Le quartier de la Planche

Le quartier de la Planche

Ce quartier est ainsi nommé en référence aux ponts de bois qui permettaient de traverser la Bérence pour passer de GAVRAY bourg à GAVRAY village.

Ce quartier était jadis très animé car outre son importante activité commerciale et artisanale, c'était un lieu de passage obligé des voyageurs qui se transportaient de COUTANCES à VILLEDIEU LES POELES. La spécialité de GAVRAY à la fin du XVIIIème siècle jusqu'au bout du XXème siècle est le tissage de crin de cheval que l'on fait venir de Russie, d'Argentine et d'Italie. Les ateliers sont disposés le long du fleuve de la Sienne jusqu'au village de la Planche, ils fabriquent principalement de tamis de crins qui servent à passer les liquides, la farine, la confiture, le cidre.

Pour fabriquer ces tamis ou tapis, on commence par laver le crin dans la rivière puis on regroupe en paquets, on le coupe pour avoir des longueurs indentiques, ensuite, on le confit à la tisseuse qui réalise les toiles.
A l'époque, 15 toiles procurent un gain de 175 francs, soit l'équivalent en 1880 d'un kilo de viande ou 6 litres de lait.

Les tamis sont vendus dans toute la France et même en Belgique et aux Pays-Bas grâce aux marchands tamisiers. Sur 1450 habitants à GAVRAY au moment de la révolution, plus de 100 vivent de cette industrie rurale.
Le quartier de la Planche était donc un pôle économique pour la commune. Les derniers artisans tamisiers n'ont pas survécu à la guerre 1914-1918, époque de l'industrialisation qui a fait chûter le coût de fabrication et par conséquent, condamné les laborieux travailleurs du crin de GAVRAY.

Il nous reste cependant aujourd'hui un magnifique quartier où on imagine le monde dans les rues animées par cette industrie du crin.


Le Moulin à Tan

Situé à l'extrémité sud du village de la Planche, il a longtemps servi au tannage des peaux pour faire du cuir. On utilisait la force de l'eau comme source d'énergie. Autrefois, le moulin était précédé d'un barrage et d'un vaste étang, circonscrit par les colines avoisinantes. Le barrage pouvait constituer une défense supplémentaire pour la forteresse, lorsque le château était attaqué : on ouvrait les vannes, laissait entrer l'eau, ce qui rendait les alentours du château marécageux, et donc ralentissait les ennemis. Le moulin fut par la suite transformé en filature de laine.

Source : Association de sauvegarde et de valorisation du patrimoine en Val de Sienne
Auteur : Jacky BRIONNE