La Chapelle Saint-Jean et son retable

La chapelle saint Jean-Baptiste existait au XVIIème. Une 1 mention d’une chapelle saint Jean, proche de Gavray, est faite en 1610[1]. En effet la provision de cette chapelle est faite le 11 octobre 1610, suite à la collation en cour de Rome, en date du 7 juillet, à Guillaume Chauvet. Il obtint à la même année la collation de la cure de Saint-André du Valjouais.
Il faut attendre 1654 pour trouver une autre indication. En effet Louis de Sevaux, résigne sa cure et Claude Hubert, chanoine titulaire de la prébende de Gavray présente le 28 juillet 1654 pour l’église sainte Trinité de Gavray et pour la chapelle st Jean annexée à ladite église Guillaume de Sevaux. Elle fut ensuite aux mains de la famille Dairou dont le premier du nom « Jean-Baptiste »  la transmis à son frère « René » et lui-même se résignera en faveur de « Jean », son autre frère.

La collation du 30 novembre 1702 précise que la chapelle saint Jean-Baptiste, située dans ledit village de Gavray, est annexée à la cure. L’ecclésiastique Jean-Baptiste Dairou nommé à la cure par « Georges Dufour, chanoine titulaire et présentateur collateur de plein droit », suite au décès de Guillaume Sevaux, prend possession de l’église sainte Trinité et de la chapelle saint Jean-Baptiste annexée selon le rituel habituel en prenant notamment possession du grand autel[2] de ladite chapelle et en sonnant la cloche. René Dairou[3] cumulera jusqu’en 1708 les fonctions de curé de Gavray et de La Meurdraquière où il avait été présenté par le seigneur de Ranville qui obtint de par son mariage avec Madeleine de Sainte-Marie le droit de présenter et de nommer à la cure dudit lieu et celles de chapelain des chapelles saint Jean-Baptiste de Gavray et saint Christophe d’Aubigny. [4].
Je n’ai pas trouvé d’informations concernant les exigences liées aux célébrations religieuses dans cette chapelle. Par contre elle servit de nécropole au cours du XVIIIème siècle. Il n’y a plus de vestiges visibles de patrimoine funéraire ancien intra muros. Françoise Victoire Onfroy, fille de Jacques François et de Jeanne Jacqueline Le Terrier, fut ensevelie dans la chapelle le 4 mai 1772.

La chapelle ne fut qu’une annexe du culte, d’ailleurs il est précisé à la date du 6 février 1791 « qu’à l’issue de la messe paroissiale, dans l’église principale de Gavray bourg et village, Jean Baptiste Toquet, curé ; Jean François La Chasse, vicaire et Jacques Onfroy, prêtre aumônier de la Garde Nationale locale prêtèrent le serment de la Constitution Civile du Clergé en présence de l’assemblée paroissiale et des conseils généraux des 2 communes ».
 
Le curé de Gavray précise qu’il n’existait qu’une chapelle[5] dans la paroisse : c’est la chapelle st Jean[6] ; on la voit encore, précise t’il, elle est enserrée dans le cimetière où l’on inhume aujourd’hui. Les ecclésiastiques insermentés Charles Lebouvier[7] (29/07/1800-08/01/1802) et André François Follin[8] (15/02/1802-10/05/1803) y célébrèrent le culte en concurrence avec le curé de Gavray qui desservait l’église du bourg (je cite).
La chapelle saint Jean : maison du peuple :
Elle fut le lieu de réunion du conseil général de Gavray village depuis 1790. Elle fut le théâtre des difficultés relationnelles qui existaient entre les deux communautés puisque le bureau assemblé en l’hôtel municipal de Gavray bourg, chef lieu de canton à la réquisition du sieur Jean Le Cervoisier, maire de Gavray bourg[9] « étaient allés à l’église de la chapelle saint Jean pour la préparer et la disposer pour la seconde assemblée primaire de ce canton qui aura lieu dans la dite église le 31 de ce mois de mai 1790 » se trouvèrent nez à nez « avec le sieur Crespin, se disant maire de Gavray village ». On arriva vite aux insultes et offenses.
Le conseil général de la commune de Gavray- village qui s’assembla, aujourd’hui 12 septembre 1793, en l’église saint Jean-Baptiste de ce lieu. Les officiers de la municipalité du village de Gavray (je cite) et en conséquence les citoyens actifs se sont trouvés dans la chapelle saint Jean Baptiste pour élire un président et un secrétaire le 1 novembre 1791.
On ne peut pas dire que l’entente fut des plus cordiales entre les deux communautés Gavrayennes: « parce qu’il existe de tous temps antipathie singulière entre les deux communautés, les habitants du bourg ayant toujours été imbus, trop fiers, et trop hauts devant ceux du village qu’ils ont cherché à molester dans diverses circonstances »[10].
L’édifice est qualifié de chapelle à usage de chambre mortuaire[11]. L’église sainte Trinité, du être fermée devant l’importance des dégradations subies au cours de la bataille en juillet 1944. La chapelle saint Jean «bien malade elle aussi » selon le curé, servit d’église dans l’attente de la réfection de l’église paroissiale.
Le bâtiment est couvert en bâtière. Un campagnier[12] de pierre surmonte la façade ouest. Cette façade percée d’une porte en arc surbaissé et surmontée d’une petite niche semble avoir été reconstruite. L’édifice fait apparaître une augmentation des maçonneries[13]. Une cloche de petite taille y a sa place. Elle porte des inscriptions qu’il n’est pas possible au sol de lire. Les fenêtres sont hétérogènes (rectangulaires, cintrées, brisées) et ne font référence à aucun ordre précis. Le mur oriental est aveugle.
 
Cette chapelle servit à nouveau de nécropole des curés de la paroisse de Gavray au XIXème et au XXème siècles. Trois sépultures y sont conservées :
-          Jean Marie François Etienne[14], 1895 ;
-          Désiré Eugène Lemasson, 1891 ;
-          Edouard Quesnel[15], 1925-1945.
L’abbé Jean Marie François Etienne fut tout d’abord inhumé dans le cimetière puis son corps fut transféré dans la chapelle st Jean le 1 octobre 1896. La municipalité de Gavray offrit gracieusement une concession perpétuelle.
Le Vocable :
Jean le Baptiste : « Il ne fut point un roseau agité par le vent ; il s’est dressé comme un arbre puissamment enraciné et robuste[16] ». Homme de la fin de l’Ancien Testament : il voit venir celui pour lequel il n’est pas digne de délier les sandales. Il fut l’homme religieux le plus important avant la venue du Christ. Il baptisa Jésus et s’effaça devant lui. La décollation fut son martyr. Il y avait dans l’église une vieille toile représentant Jean-Baptiste. Elle avait été restaurée par Basile François Quesnel, peintre de Coutances, en 1845. Elle n’existe plus.

[1] Registres des collations aux archives diocésaines de Coutances (volume VIII)

[2] L’autel à contretable basse qui vient d’être restauré à l’initiative de l’association de sauvegarde pour la chapelle et la municipalité n’est pas celui que connu cet ecclésiastique.

[3] René DAIROU avait été nommé par le pape Clément XI le 12 des calendes d’août 1702  et confirmé par l’archevêque de Rouen.

[4] 17 juin 1707.

[5] Il était insuffisamment informé car il y avait une chapelle au château ducal placée sous le vocable de st Louis et attestée en 1528 (collation). Certains auteurs citent l’existence d’une chapelle st Sulpice à Gavray.

[6] Elle fut selon le narrateur victime de la rage révolutionnaire qui s’attaqua aux décorations et statues entre autre celle de st Jean dont la tête toute empreinte de coups de haches se voyait encore il y a quelque temps sous le lit d’une vieille Gavrayenne (je cite l’auteur des conférences ecclésiastiques de 1866/1867 aux archives diocésaines de Coutances (dossier CE Gavray 1866/1867).

[7] Il sera plus tard desservant de Montabot.

[8] Il deviendra desservant du Mesnil-Amand.

[9] Il était avocat.

[10] Délibération du 6 novembre 1790.

[11] Dossier de la reconstruction en 173 W 22 aux Archives départementales.

[12] J’utilise volontairement le terme usité au XVIIème pour désigner le campanile.

[13] Des réparations sont indiquées au pignon d’icelle le 6 novembre 1790.

[14] Ordonné en 1862, il prit possession de la cure de Gavray le 1 janvier 1884.

[15] Il reçut le canonicat le 1 janvier 1936.

[16] Œuvres de Mgr Georges Grente : Eloge de Jean-Baptiste dans les Œuvres oratoires et pastorales, 1920.


Source
: Association de sauvegarde et de valorisation du patrimoine en Val de Sienne
Auteur : Jacky BRIONNE


 
Le retable de la chapelle Saint-Jean de Gavray
 
Le 5 novembre 2001 le préfet de la Manche a classé le retable de la chapelle du cimetière de Gavray. Au printemps 2002 une association Saint-Jean s’est constituée dont l’objectif a été la restauration de cet ensemble mobilier de grande qualité, placé désormais sous la protection de l’état et du service départemental de la Conservation des Antiquités et Objets d’Art. Oublié depuis longtemps dans la chapelle du cimetière, il se dégradait lentement. Il a été restauré en 2003-2004 par les ateliers David à Bréhal, grâce à l’aide financière des pouvoirs publics (DRAC de Basse-Normandie), à la contribution de la municipalité, au mécénat d’entreprise (Crédit Agricole, subvention Imagine) et bien sûr à la participation de l’association Saint-Jean et aux habitants de Gavray. L’inauguration a eu lieu le 10 septembre 2004. 
 
 
Quel est l’intérêt de ce mobilier ?
 
Il se compose de deux éléments distincts : un autel « à la romaine » qui date du début du XVIII siècle (vers 1730) ; et un retable de la seconde moitié du XVIIIqui comprend un tabernacle, deux panneaux latéraux et une exposition - sorte de petit baldaquin - formant couronnement.
Bien qu’une tradition non prouvée attribue l’autel au couvent des Dominicains du Mesnil-Garnier, il est plus probable que tout ce mobilier provienne de l’ancienne église médiévale de Gavray, détruite à la fin du XIX siècle. On a jugé alors que ces deux pièces méritaient d’être sauvegardées, mais sans pouvoir les intégrer à l’église nouvelle, d’un style néo-roman radicalement différent. 
Les deux anges conservés à la mairie, datés de la seconde moitié du XVII siècle, et inscrits également à l’Inventaire des Antiquités et Objets d’Art, proviennent d’un autre autel plus ancien.
Cet ensemble mobilier constitue donc les vestiges d’époque classique (XVII et XVIII siècles) de notre ancienne église qui se dressait sur la place des Tilleuls.   
 
Les retables de l’époque classique, en France, obéissent à une composition générale qui permet toutefois de nombreuses variantes. Le canton de Gavray en possède ainsi autres deux types différents : les églises d’Hambye et du Mesnil-Villeman offrent le modèle le plus répandu et le plus complet, qui associe l’autel, son gradin, et une contretable encadrée de colonnes, à la façon d’un arc triomphal, avec tableau d’autel central et statues nichées latérales. L’église de Saint-Denis-le-Gast possède au contraire un retable bas du XVIII siècle (comme une douzaine d’églises de la Manche), qui se développe en largeur au moyen de portes latérales ; la contretable à colonnes y est remplacée par un haut gradin qui supporte un grand tabernacle surmonté d’une gloire. La variante à baldaquin (Orval, Gouville-sur-Mer…) n’est pas représentée dans le canton, mais le retable de la chapelle Saint-Jean en est une sorte de raccourci.
 
L’autel « à la romaine » se compose d’un emmarchement de deux degrés, d’un tombeau aux talons très accentués et à la forme harmonieusement galbée, qui lui vaut son qualificatif de romain, (avec au revers un chasublier à trois tiroirs) et d’un autel proprement dit (la partie supérieure très moulurée, posée sur le tombeau et qui a remplacé dans ces ouvrages de menuiserie la table d’autel auparavant en pierre). L’autel peut, par extension, désigner cet ensemble de trois parties. Nous avons ici l’un des plus exceptionnels du département de la Manche. Le tombeau a conservé sa peinture d’origine (fait rarissime), une imitation de marbre vert et jaune. Une élégante moulure dorée, chantournée et dédoublée, souligne la façade et les côtés. La partie inférieure du tombeau est décorée d’un enfant Jésus dans une gloire, endormi sur une croix, alors que les gloires encadrent plutôt, dans les retables de la Manche, un cœur enflammé, l’œil divin, le triangle, les Tables de la Loi. Les angles du tombeau sont décorés de coquilles de style rocaille et de chutes de fleurs et de feuilles, découpées avec soin. La partie haute du tombeau, qui forme entablement, possède aussi une fine moulure dorée en creux et de légers bouquets de feuillages finement ciselés.
 
Le retable est d’une époque un peu postérieure et d’un style rocaille plus accusé. Il comprend d’abord un haut gradin, orné de chicorées disposées en volutes encadrant au centre un ciboire, une grappe de raisin et un épi de blé. Puis un tabernacle portant sur sa porte le motif assez classique de l’agneau de Dieu couché sur la croix, posé sur l’autel du sacrifice et surmonté d’une gloire de rayons. Un fin réseau de petites roses lui sert d’encadrement. Les montants sont soulignés par une moulure et décorés de chutes de feuillages. Les côtés sont ornés de traditionnels épis de blé et grappes de raisin, attachés par un ruban, dont la signification est naturellement eucharistique. Les panneaux latéraux, couronnés de courts frontons formés de motifs rocaille, ont un décor de fleurs et de feuilles enrubannées au milieu desquels sont insérés les objets liturgiques liés à l’Eucharistie : patère, burettes… Le dernier élément est constitué d’une exposition, sorte de petit baldaquin servant à exposer le Saint-Sacrement dans son ostensoir. Il est couronné d’une gloire et de deux figures de chérubins. L’ensemble est en bois peint blanc et doré, mais des traces de bleu sous-jacentes apparaissent. Il est d’une facture plus commune que l’autel à la romaine, mais n’en possède pas moins aussi un grand intérêt. 
 
Quelle est sa signification ?
 
Dans une France où l’architecture religieuse reste marquée par la tradition médiévale (et c’était le cas de la vieille église de Gavray), les retables ont constitué souvent l’innovation principale des XVII et XVIII siècles. Les églises se donnent un mobilier nouveau : tabernacle, confessionnal, chaire, boiseries, grilles, baldaquins, et surtout retables. Ce mobilier est lié à la spiritualité nouvelle issue du Concile de Trente (1545-63). Les retables, principalement, sont la meilleure expression du Catholicisme de la Contre-Réforme, et en traduisent les caractères. La pompe ostentatoire de la liturgie se manifeste par les arcs de triomphe des autels. L’édification des fidèles sur les dogmes catholiques, les sacrements et principalement l’Eucharistie et la présence réelle du corps et du sang du Christ (déniée par les Protestants) est illustrée par les emblèmes et objets eucharistiques (blé, raisin, ciboire, ostensoir etc.) : Le rôle d’intercession de la Vierge et des saints est affirmé par les tableaux d’autel (Nativité,  Adoration des Mages, Assomption…) et les statues des niches latérales (absents ici).
 
Les paroisses ont été souvent trop pauvres à l’époque classique pour rebâtir l’église selon les principes d’une architecture moderne. Mais la transformation du mobilier et l’aménagement du chœur avec son retable sont un moyen économique de mettre l’église au goût du jour, de respecter les recommandations du Concile de Trente, d’affirmer l’identité et le savoir-faire de la communauté paroissiale et de rivaliser avec les paroisses voisines.
Le nouvel élan du Catholicisme au XVII siècle a favorisé dans tous les pays la multiplication des retables de menuiserie au point qu’on peut les tenir pour une des manifestations les plus originales de l’esprit baroque. Les premiers sont apparus dès le XVI s. (Hambers en Mayenne, 1530, St Martin-de-Sées, dans l’Orne, 1580). Mais la grande période de construction commence en 1650 avec pointe en 1680-1710, un ralentissement au XVIII siècle, un arrêt en 1789-1805, un nouveau ralentissement après 1805.
 
La construction d’un retable peut s’appuyer sur les modèles fournis par les recueils : celui de Barbet : Livre d'architecture d'autels et de cheminées, 1633; ceux de Jean Le Pautre : Recueil de pièces d'architecture religieuse, et Nouveaux dessins d'autels à la Romaine, 1651; puis au XVIII s. Gilles-Marie Oppenord, Œuvres, 1748; et Neufforges : Nouveau livre de projets d'autels et de baldaquins (sans date). Les charpentiers et décorateurs ont pu aussi emprunter aux décors d'opéra, aux lambris d'appartement, aux façades d'église, et s’inspirer naturellement des œuvres voisines.
     L’église possède habituellement un grand retable de chœur et deux retables secondaires dans les bras du transept ou les chapelles latérales, mais bien entendu les églises plus importantes les ont multipliés dans les chapelles et les bas-côtés (Notre-Dame de Saint-Lô en a eu 22).
                                                                                                                   
     Comme le retable est chargé d’instruire et d’édifier les paroissiens, sa composition n’est pas laissée au hasard. Il constitue souvent un traité d’histoire et de doctrine religieuse, remplaçant en cela les chapiteaux romans et les tympans gothiques.
Avant tout il reprend le grand enseignement dogmatique : la Trinité (il est lui-même souvent organisé en 3 parties), la vie du Christ, la Rédemption, la Cène ou l’Eucharistie, l’Ascension, l’Assomption, figurées dans les tableaux d’autel.
Puis il propage le culte des saints, à travers les statues nichées, saints patrons de l’église et de la paroisse à l’autel principal, martyrs, grands évêques comme saint Augustin et saint Charles Borromée, saints fondateurs d’ordres dans les couvents, saints régionaux. Les saints représentés sont souvent les saints populaires, patrons traditionnels des métiers et des communautés, protecteurs des troupeaux et des moissons, tels saint Joseph ou saint Isidore, saint Eloi ou saint Nicolas. La famille est représentée par la sainte Famille, ou par le Christ, la Vierge et le Père éternel, par sainte Anne et saint Jean Baptiste. Et la monarchie par les saints rois et reines, saint Louis, sainte Elisabeth de Hongrie.
En 3 lieu le retable propose les récompenses du ciel en suggérant des visions de gloire.
 
Chaque région a traité le retable a sa manière, y introduisant des particularismes. La Normandie apprécie une certaine monumentalité, un développement longitudinal, la multiplication des colonnes, et les retables à baldaquin. La Bretagne les panneaux sculptés de scènes religieuses naïves. La Mayenne a choisi la pierre et le marbre, la disposition à deux niveaux, les frontons superposés. C’est cependant dans les régions les plus marquées par l’influence italienne (Savoie) ou espagnole (Roussillon) que le décor a pris son caractère le plus exubérant.